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Critique : Selma, une marche pour la paix

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Selma retrace le combat idéologique mémorable de Martin Luther King pour faire valoir le droit de vote aux citoyens noirs américains, à travers une marche qu’il mena en 1965, de la ville de Selma jusqu’à Montgommery en Alabama. Un sujet qui tenait à coeur la réalisatrice, Ana DuVernay (connue pour Middle of Nowhere, 2012), très touchée personnellement par le combat des noirs américains. Avec ce film, elle nous livre l’histoire fascinante d’un combat, dont les acteurs ont fait preuve de courage et de persévérance. Le point de vue omniscient adopté par le film permet de saisir l’enjeu de l’évènement pour chacun d’eux, de King au président Johnson, en passant par les différents participants du mouvement, ainsi que les forces de l’ordre et de la justice. Ce panel de personnages met […]

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Critique : Whiplash, la rage à son paroxysme

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Je dois avouer ne pas être très familier de cet instrument qu’est la batterie, c’était une raison supplémentaire d’aller me risquer à voir ce film du jeune Damien Chazelle : Whiplash. J’ai entendu quelque part qu’on qualifiait ce film de Black Swan de la batterie. On peut en effet y voir un rapprochement tant dans l’esthétique générale du film, que dans le développement du scénario ou encore dans celui du protagoniste incarné par l’excellent Miles Teller et son obsession de la réussite, aspirant à devenir le nouveau Buddy Rich. C’est donc une sorte de voyage dans la rigueur de l’apprentissage que nous propose le cinéaste, tout en nous enveloppant dans une atmosphère jazzy qui s’adapte parfaitement à la société contemporaine. Et c’est sûrement là ma seule déception du film. Certaines […]

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Critique : Twelve Years a Slave, le renouvellement par la régression

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L’esclavage n’est plus ce qu’il a été. Non, rectifions : l’esclavage ne nous est pas montré comme d’habitude dans le film de Steve McQueen. Je ne comprends pas les nombreux détracteurs qui n’ont pas aimé le film sous prétexte qu’il était trop scolaire, qu’il ne visait qu’à défendre « les pauvres noirs qui ont souffert ». Je ne parviens pas à les comprendre car c’est justement leur instinct trop scolaire qui leur fait avoir ce genre de regard, ainsi ils ferment les yeux sur un propos fort tenu par le cinéaste qui ne cesse de replacer la culpabilité là où elle doit se trouver. Le film ne se concentre qu’à moitié sur la souffrance des noirs, l’autre moitié est consacrée à l’étude des bourreaux qui vont du psychopathe Edwin Epps (Michael Fassbender) […]

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Critique : Only Lovers Left Alive, la nostalgie a goût de sang

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Par Nicolas Bussereau et Charlie Briand Un disque. Adam. Ève. L’art. Même si aujourd’hui ces notions tendent à disparaître, Jarmusch, à travers sa nostalgie créatrice, les vampirise deux courtes heures, le temps d’une quête d’espoir, le temps d’un voyage de Détroit à Tanger, d’une composition, d’une révélation. Cette fois, le voyage n’est pas initiatique, mais il conserve sa vanité, peut-être plus explicitement qu’auparavant, puisque ceux qui nous promènent sont des vampires, côtoyant les fantômes de notre Histoire. Tout le film est bouleversé par ce désir inassouvi d’un savoir absolu, dont on s’éloigne au fur et à mesure de l’enrichissement de nos connaissances, jusqu’à la vue de l’inévitable crâne humain, dans la grotte de Christopher Marlowe qu’est l’arrière-boutique du salon de thé marocain. Allant chercher son breuvage salvateur, Adam en docteur […]