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[CRITIQUE] JUSQU’À LA GARDE, SUR LE FIL

À propos de Jusqu’à la garde, Xavier Legrand (2018)

Par Thomas LeGovic

Les Besson divorcent. Elle, chétive et vulnérable (Léa Drucker renversante), et « L’Autre », bloc de colère imprédictible (Denis Ménochet, véritable monstre de cinéma), sont à couteaux tirés. Entre eux, Joséphine (la jeune Mathilde Auneveux), qui a choisi sa mère, et Julien (Thomas Gioria, révélation du film), a qui on ne laisse pas le choix. Coincé, à 11 ans et un weekend sur deux, entre les dissimulations maternelles et la déraison paternelle.

Xavier Legrand inscrit son premier film dans la continuité de son court-métrage Avant que de tout perdre, lauréat de nombreux prix notamment le César du meilleur court métrage 2014. Dès la première séquence, on se retrouve au centre de ce conflit d’adultes sous tension constante, les lames hors du fourreaux. Legrand place ses spectateurs au même niveau que ses personnages, sur le fil du rasoir, faisant monter l’intensité à mesure que la potentialité d’un choc, d’une explosion s’annonce, jusqu’à cette séquence finale qui prend aux tripes.  Justement récompensé entre autres par le Lion d’Argent du meilleur réalisateur, celui du meilleur premier film et le Prix du Public du Festival Premiers Plans d’Angers, porté par des comédiens puissants et justes, une mise en scène efficace doublé d’un montage maîtrisé, Jusqu’à la garde est un film prenant, magistral qui révèle l’habilité d’un auteur-réalisateur durablement majeur.

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