Rédacteur - Margaux Blondel

Du 15 avril et jusqu’au 5 août, se tient au 104 l’exposition Gaumont, 120 ans de cinéma, gratuite pour tous. Nouvel Écran est allé y faire un tour, et vous dit pourquoi vous devriez en faire de même :

Tout d’abord parce que le 104 est un lieu formidable, multiculturel, où le visiteur peut passer de l’art de la danse à celui du théâtre, du dessin au jonglage, en quelques pas. Autrefois Service Municipal des Pompes funèbres, le 104 est désormais un lieu bel et bien vivant, une plate-forme collaborative, où les artistes en résidence côtoient les visiteurs, dans un open-space en forme de studio de cinéma …  Et justement le cinéma, c’est tout au bout du bâtiment qu’il se trouve, au coeur de l’exposition Gaumont, 120 ans de cinéma. Mise en oeuvre par Dominique Païni, critique et conservateur de haut vol dans le monde culturel international, cette exposition-spectacle permet de retracer l’Histoire du cinéma, à travers l’aventure de la célèbre et séculaire société cinématographique.

C’est donc l’occasion de découvrir les diverses inventions techniques de ce pionnier du septième art qui avait exprimé, bien avant que le Technicolor ou que la 3D ne furent inventés, le souhait de réaliser des images animées en couleurs et en relief. Mais également de comprendre pourquoi le fameux industriel a choisi d’utiliser le symbole de la marguerite comme logo pour la firme.

Si l’exposition, plaît aux plus jeunes comme aux adultes, c’est grâce à ses installations d’une remarquable inventivité, mêlant culture et ludisme, Histoire et interactivité. Le Gaumontrama, vaste pièce, obscure comme une salle de cinéma, où costumes cultes et extraits de film célèbres s’entremêlent  dans une sorte de blind-test géant est fascinant. Jouxtant cette salle, se trouve l’installation Cueillette des Marguerites, concept étonnant où, munis d’un miroir fourni par le 104, l’on peut refléter sur les murs sombres les visages inoubliables du cinéma. Devenir, pour quelques instants, Ingrid Bergman ou Catherine Deneuve grâce à cette formidable mise en abîme du septième art, ou le cinéma comme miroir de nous-mêmes…

Une projection dans une tente foraine reconstituée, les affiches colorées des nombreux films produits par Gaumont attendent également les regards cinéphiles ou curieux, qu’importe ! Finalement, les installations sont aussi riches et variées que peuvent l’être le cinéma.

Avec cette riche documentation superbement mise en oeuvre, il est ainsi plaisant de (re)découvrir que Gaumont (ou plutôt Gaumont-Pathé) n’est pas seulement un ensemble de multiplexes bien climatisés où l’on mange du pop-corn, mais un livre gigantesque, écrit à plusieurs mains pendant 120 ans, et qui a encore quelques pages blanches à remplir devant lui.