Rédacteur - Paul Montoro

Attendu par des millions de fans à travers le monde, le 4eme volet de la saga Jurassic Park, Jurassic World (2015) de Colin Trevorrow avec Chris Pratt et Bryce Dallas Howard est un film à la fois fade et satisfaisant.

Une vingtaine d’années après les événements narrés dans le premier, et dans les tout aussi dramatiques deux autres volets de la saga, l’infâme parc a enfin ouvert ses portes pour le plus grand plaisir des petits, des grands et des investisseurs. A partir de là, le résumé du film se divise en deux parties, une identique aux volets précédents, et une semi-inattendue. Pour ce qui est de l’habituelle, c’est que nous avons affaire à un couple de héros presque charismatiques qui  va devoir sauver l’île tout en prenant soin de deux enfants irresponsables et au background soporifique. Pour ce qui est de la partie plus inhabituelle, on apprend dans un premier temps qu’une société privée veut utiliser les dinosaures dans le secteur militaire et dans un second temps que [enfin] les gens se sont lassés des dinosaures, qu’ils ne font « plus peur à personne » et qu’il est donc temps d’en inventer génétiquement un nouveau plus méchant, plus effrayant, évidemment, c’est de là que les problèmes vont émerger.

Inutile de s’appesantir plus longtemps sur la lourdeur d’un tel synopsis tant il ne mène à aucune réflexion très poussée ni même, au sein du film, à aucun regain d’intérêt quelconque pour les événements en train de se dérouler devant nos yeux. De loin, le plus gros écueil de ce film est justement qu’il pense avoir une thèse à soutenir, quelque chose à dénoncer, et ce quelque chose, ironie suprême, c’est le divertissement de masse. Jurassic World se pose en dénonciateur du profit absolu en insérant des placements de produit à la chaine. Le film met en évidence l’absurdité de l’engouement des foules pour un phénomène en ressortant une franchise vieille de 22 ans.

 Critique: Jurassic World, ...des monstres gentils, oui cest un paradis.

Et encore, cela pourrait être pardonné si le film n’insistait pas autant sur ses défauts. On peut citer la présentation initiale du parc (avec tout le marketing viral qui s’est fait autour) qui a pour seul but de donner envie aux spectateurs de la première heure, d’y croire, de prendre leurs billets pour Isla Nublar dans l’heure et de visiter cette île maudite. Ou pire, l’inexcusable ! Les scènes de déplacements dans la jungle, en grosses cylindrées, filmées expressément à la manière de publicité pour voiture, avec tour a 180° du véhicule et gros plan appuyé sur le logo.

Les personnages ne rattrapent évidemment rien, un héros caricatural et inutile, une héroïne simplement en rôle de représentation (je ne parlerais pas des escarpins conservés tout au long du film… ah ! trop tard). On a également un directeur du parc dans le rôle du producteur du film c’est à dire innocenté avant d’être héroïsé. Si j’évoque les personnages, je dois parler des dinosaures, aux comportements saugrenus, servant uniquement à rattraper le scénario sombrant dans des abysses insondables. Avec de paisibles herbivores devenus tueurs et des sanguinaires (mais appréciés du public) carnivores devenus alliés dans le triomphe des héros.

 Critique: Jurassic World, ...des monstres gentils, oui cest un paradis.

Pour conclure, nous voici encore face à un blockbuster cadré au millimètre pour plaire au plus grand nombre mais sans aucune substance. L’action certes, est d’envergure, mais pas exceptionnelle. Cependant, je pense sincèrement qu’il saura satisfaire un certain public, qui ne demande rien d’autre que voir des dinosaures en paix.