Rédacteur - Léone Metayer

Plus de 30 ans après, le réalisateur George Miller redonne ses couleurs à la trilogie Mad Max des années 1980, avec sa quatrième version sortie le 14 mai, Mad Max : Fury road.

Dans un monde post-apocalyptique, l’impératrice Furiosa, jouée par Charlize Theron, trahit le leader tyrannique Immortan Joe en s’enfuyant au volant d’un camion à travers le désert. Le mystérieux prisonnier Max, interprété par Tom Hardy, est embarqué malgré lui dans la traque délirante du chef de guerre et de son armée motorisée.

A l’écran se joue alors une course folle dont les personnages sont enchevêtrés dans la vitesse des machines, la poussière du désert et la chaleur des explosions. Le film se construit progressivement dans cette route qui ne semble jamais prendre fin, perdue dans l’immensité du désert où l’infinité de l’horizon nous fait perdre espoir en l’existence d’un monde meilleur. Le soleil brule, l’ennemi n’est jamais loin, la peur guette, la mort est partout. En fait, on ne sait pas très bien s’il s’agit de la vie ou de la mort, comme si les personnages étaient suspendus entre les deux : d’un côté, la promesse d’atteindre la « Terre Verte », et de l’autre, l’étouffant univers désertique aux allures d’enfer.

critique mad max fury road la folie dun grand manege endiable 1 Critique : Mad Max : Fury Road, la folie dun grand manège endiablé

Mais, peu importe, on y plonge volontiers dans ce monde cauchemardesque, et disons-le : on prend même plaisir à goûter à la folie de ce grand manège endiablé. On aime frissonner à la vue du visage effrayant de l’Immortan Joe. On se recroqueville sur nous-mêmes face aux war boys en furie à la peau excessivement blanche et au crâne rasé. On écarquille les yeux devant ce peuple désemparé et assoiffé, devant ces masques carnavalesques et ces corps informes et fantasques dont on ne peut ignorer la souffrance. On tremble même à l’écoute des vrombissements de ce cortège de voitures et de motos, mêlés aux cris des soldats fous en quête d’une jouissance du sacrifice, du feu et du sang.

Certes, Mad Max est un film d’action comme les Américains savent le faire : des voitures explosant dans le bruit, des moments de suspens, des corps à corps entre ennemis, des morts soudaines, une bande originale aux percussions lourdes, des personnages qui survivent sans vraiment d’explication… Mais on pardonne George Miller pour cette légère batterie de clichés car Mad Max, au détour de dialogues discrets et efficaces, nous donne les pistes d’une réflexion très intéressante, faisant du film un blockbuster pas tout à fait comme les autres… En sortant de la salle, notre tête se remplit de questions sur notre rapport aux hommes, aux femmes et à la Terre. Et si ce monde, où les Hommes se battent pour l’eau et le pétrole, est celui qui nous attend dans seulement quelques dizaines années ? Dans Mad Max, il ne s’agit plus de vivre, mais de survivre, et cela nous met en garde contre notre planète qui bientôt ne sera plus capable de satisfaire nos besoins primaires…

critique mad max fury road la folie dun grand manege endiable 2 Critique : Mad Max : Fury Road, la folie dun grand manège endiablé

Enfin, George Miller apporte avec ce film une vision de la femme assez nouvelle qui peut plaire aux âmes féministes ! Pour une fois, la femme n’est pas cantonnée à un unique symbole mais s’incarne dans plusieurs rôles : la « femme-mère » évoquée par ces femmes obèses à qui l’on pompe le lait maternel, la « femme-déesse » à travers la beauté pure des favorites d’Immortan Joe, et enfin, la « femme-guerrière » dans le personnage de Furiosa qui se bat pour la rédemption dit-elle…

Finalement, on pourrait presque réduire le film à une réplique d’une femme lorsqu’elle qualifie les munitions des armes d’« anti-graines » : « plante-là et regarde pousser la mort ».