Rédacteur - Maurine Attouche

Girls Only (ou Laggies dans sa version originale) a très peu fait parlé de lui à sa sortie en 2014 aux Etats-Unis.

Le long-métrage de la réalisatrice indépendante américaine Lynn Shelton présenté au Sundance Festival de 2014 nous laisse découvrir l’histoire d’une jeune femme nouvellement fiancée qui, alors qu’elle se lie d’amitié avec une adolescente rebelle, remet un beau jour toute sa vie en question.

Au casting, la belle Keira Knightley, le génialissime Max Rockwell et la prometteuse Chloë Grace Moretz. Plutôt attrayant !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lynn Shelton manie humour et émotion avec aisance pendant la toute première demi-heure du film, si bien que l’on se surprend presque à y voir une ode à l’amitié, à la solidarité féminine et à l’entre-aide.

Mais la première moitié du film passée, force est de constater qu’il n’y a rien de tout ça dans Girls Only. Rien de plus ici que dans toutes les autres comédies romantiques ratées sorties au cinéma ces 10 dernières années.  A savoir des ressorts scénaristiques peu convaincants, des thèmes d’une platitude immense, des ellipses temporelles à tout-va et surtout, oui surtout, un véritable manque de développement des personnages.

girls only la puerilite adolescente 1 Critique : Girls Only, la puérilité adolescente

Les relations de ces derniers se nouent et se dénouent aussi facilement qu’une paire de lacet et l’on semble attendre du spectateur qu’il accepte tous les changements de coeur inexpliqués de l’héroïne sans broncher. On crée de personnages caricaturaux, on malmène la cohérence pour obtenir l’happy-ending tant attendu et on ne s’en excuse même pas.

Il ressort du film une vague tentative de profondeur et une haine du mariage et des adultes qui lui confère des airs de puérilité adolescente.

Là où Shelton aurait pu parler de la peur de l’engagement ou du refus d’être adulte, elle nous parle d’amour et de garçons. Là où elle aurait pu aborder le sujet du rôle de la mère dans la construction d’une femme, elle nous parle d’amour et de garçons.
Et lorsqu’on a l’infime espoir de voir l’intrigue se conclure d’une manière intéressante, on nous parle encore d’amour et de garçons. Tout cela semble assez vain.

Rien de mal à parler d’amour et de garçons en soit, mais que se passe t-il quand le thème est fait seul sujet du film? Que se passe t-il quand les (semi-)tentatives des auteurs de créer des personnages réalistes, intéressants et attachants sont réduites à néant par l’importance de la figure de l’homme dans l’intrigue?

Girls Only essaye de nous convaincre à travers son titre qu’il parle des femmes, et si c’est plus ou moins vrai, il est vite fait de réaliser qu’à travers elles, les hommes dans ce qu’ils représentent et non dans leur individualité, sont les véritables sujets du film. Megan, le personnage principal en est le parfait exemple. Rongée par les insécurités et les doutes, elle semble gagner en profondeur tout au long du film mais voit finalement tout son développement personnel réduit à néant par la « morale » de ce dernier, ce choléra des comédies romantiques qui persiste à créer de personnages féminins dont l’existence ne se résume qu’aux hommes.

girls only la puerilite adolescente 2 Critique : Girls Only, la puérilité adolescente

Des pans entiers de l’intrigue semblent être laissés en jachère ou expliqués par de courtes scènes peu convaincantes, comme si avec la résolution des intrigues amoureuses, venait la réponse à tous les problèmes des personnages.

Malgré son casting brillant et ses bonnes intentions, le film de Shelton ne fait que s’ajouter à la longue liste des comédies romantiques aux dénouements convenus, celles dont on oublie l’existence aussitôt qu’on les a vus. Alors que son titre était prometteur, force est de constater que Girls Only n’est pas un film qui parle des femmes, mais plutôt aux femmes. Et tout ce qu’il semble vouloir leur dire, c’est que tous leurs problèmes seront réglés lorsqu’elles trouveront un homme.

Plutôt antiféministe.