Rédacteur - Léa Auger

Actrice d’origine canadienne, aux rôles divers et variés, Marie-Josée Croze a travaillé avec de grands cinéastes (Denis Villeneuve, Steven Spielberg, Atom Egoyan ou encore Tony Gatlif), et a acquis une renommée internationale. Elle est cette année à l’affiche de plusieurs films, dont le dernier Wim Wenders, Every Thing Will Be Fine, pour lequel nous l’avons rencontré.

  • Comment avez-vous été amenée à travailler sur le projet ?

La directrice de casting m’a contacté pour savoir si j’étais disponible, malheureusement je jouais au théâtre à cette période. Mais la semaine suivante, j’étais à Montréal pour un tournage, je marchais dans la rue et je suis tombé face à face avec Wim Wenders ! Le réalisateur des Ailes du Désir, l’un des films qui m’a le plus marquée lorsque j’étais jeune. J’ai pris ça pour un signe, et j’ai dit à mon agent qu’il fallait absolument en savoir plus sur ce projet. Après des échanges de mails et une lecture du scénario, on s’est rencontré, et le projet était lancé.

  • Racontez-nous votre expérience de travail avec Wim Wenders …

C’était vraiment surréaliste pour moi de travailler avec un grand cinéaste comme Wim Wenders, de la même manière que ça l’a été avec Spielberg pour Munich, parce quils font partie de ces gens qui ont inventé le cinéma. Travailler avec lui était très agréable car c’est un homme d’une grande intelligence, il a une autorité naturelle qui met les gens dans une attitude de travail concentrée et sérieuse.

  • Dans le cinéma de Wim Wenders, la femme déclenche souvent la renaissance d’un homme. Comment avez-vous appréhendé cette place en tant que femme ?

Ce qui est intéressant dans le film c’est la succession de ces femmes dans la vie de Tomas. Ann, le personnage que j’interprète, reprend en fait le flambeau de Sara, en jouant le rôle d’une “infirmière” pour Tomas, une présence apaisante et admirative. Elle lui donne beaucoup, et surtout l’occasion pour lui d’être un père adoptif pour sa fille Mina.

interview marie josee croze pour every thing will be fine 2 Interview : Marie Josée Croze pour Every Thing Will Be Fine

 

  • C’est intéressant car vous jouiez le rôle d’une femme qui tue un homme en voiture dans Maelstrom (2000, Denis Villeneuve), ici le rôle est inversé, vous êtes de l’autre côté du miroir.

Bonne observation, je n’y avais pas pensé d’y donc ! (rire)

 

  • Vous qui êtes une actrice internationale, comment différenciez-vous l’approche française et canadienne du cinéma ?

Je dirais que la manière de faire du cinéma est universelle. Au bout de deux jours de tournage, l’équipe est toujours à l’image du metteur en scène, peut importe sa nationalité. Donc ça serait plus des natures de metteurs en scène plus intéressantes que d’autres, plutôt qu’une différence culturelle. Mais il y a quand même des différences d’organisation bien sur. J’ai fais un tournage en Lituanie, où la norme de travail journalier sur un tournage est de 12 heures par jour (en Europe 8 heures), avec une pause déjeuner d’une heure, cela 6 jours par semaine ! Mais l’exécution du travail est très semblable. Pour le tournage avec Spielberg par exemple, je m’attendais à quelque chose de très différent, et en fait il donnait l’impression d’être un étudiant de cinéma sur son premier court métrage, tellement il était enjoué et émerveillé par les prises !