Rédacteur - Andréa Fontanille

Eyad grandit dans une ville arabe en Israël où il a une enfance heureuse. Se révélant être un enfant brillant, il entre dans le meilleur lycée scientifique de Jérusalem. Là, il devra faire face à la violence du racisme quotidien. Il se lie d’amitié avec Jonathan atteint d’une maladie héréditaire dégénérative et trouve chez lui une nouvelle famille. Il se rend vite compte que l’intégration dans cette nouvelle communauté ne sera possible qu’au prix de l’oubli de ses racines.

L’idée n’était pourtant pas mauvaise : montrer l’histoire et le quotidien des palestiniens et des israéliens durant ces dernières années traversées par les conflits et les peurs. Mon fils interroge avec justesse la question de la création de l’identité, de quoi sommes nous les enfants ? D’une idéologie, d’une haine de l’autre, d’un héros, d’un terroriste ? Eyad, adolescent en pleine construction doit jongler avec ces réalités qui s’opposent d’un côté à l’autre d’un mur. L’intelligence du film tient au regard sensible que peut avoir Eran Riklis sur la violence symbolique du conflit dans les petites choses du quotidien. Il tente de nous transmettre une réalité qui ne tombe pas dans l’écueil de l’opposition manichéenne que nous présente habituellement les médias.

Mais malheureusement un bon sujet ne fait pas un bon film. Eran Riklis n’arrive pas à faire décoller ses personnages et l’on tombe vite dans les codes du teen movie. Si l’on comprend qu’il a voulu montrer le quotidien, il en ressort une bouillie de romance à l’eau de rose saupoudrée de rébellion adolescente. On a l’impression qu’il aurait pu transposer son film dans un contexte totalement différent en conservant scénario et personnages.

mon fils une adolescence presque normale 1 Critique : Mon fils, une adolescence presque normale

Si l’on a une certaine finesse dans la manière de montrer le quotidien tout le reste en manque cruellement, à la limite du grotesque. Les relations entre les adolescents sont dignes d’High School Musical ( le 3 ) où les rois du lycée martyrisent la minorité de jeunes différents qui ne sont pas à la mode. Mais, heureusement la bonté de coeur de notre héros qui aide la veuve et l’opprimé lui permet d’avoir de vrais amis qui comme pour alourdir encore le trait sont la jeune fille délurée et l’handicapé cynique. N’aies crainte spectateur, toi qui n’as pas l’habitude de ce genre de configuration, les scènes explicitant l’incroyable supériorité de notre héros face au mal sont nombreuses et abondantes, elles transpirent tellement le bon sentiment que tu ne pourras pas les rater.

Mon fils est l’exemple parfait qu’un sujet de société même très intéressant ne suffit pas à faire du cinéma et encore moins un bon film.