Rédacteur - Nicolas Bussereau

Je dois avouer ne pas être très familier de cet instrument qu’est la batterie, c’était une raison supplémentaire d’aller me risquer à voir ce film du jeune Damien Chazelle : Whiplash.

J’ai entendu quelque part qu’on qualifiait ce film de Black Swan de la batterie. On peut en effet y voir un rapprochement tant dans l’esthétique générale du film, que dans le développement du scénario ou encore dans celui du protagoniste incarné par l’excellent Miles Teller et son obsession de la réussite, aspirant à devenir le nouveau Buddy Rich.

C’est donc une sorte de voyage dans la rigueur de l’apprentissage que nous propose le cinéaste, tout en nous enveloppant dans une atmosphère jazzy qui s’adapte parfaitement à la société contemporaine. Et c’est sûrement là ma seule déception du film. Certaines images du début nous montre des rues de New York, bercées par les mélodies de Charlie Parker ou encore Hank Levy, redonnant à la ville qui ne dort jamais sa verve d’autrefois, et ainsi, en montrant que le contexte actuel peut amener à une nouvelle exploration de ce genre musical. On sent très bien d’ailleurs cette nostalgie qui couvre le film dans son intégralité, et principalement incarnée par Shaffer (J.K. Simmons). Le « c’était mieux avant » continuel, mis en parallèle avec cette envie de refaire émerger le genre aurait été passionnant s’il avait été abordé avec plus de profondeur. Cela aurait fourni un véritable discours sur notre monde, et son éventuelle aspiration à s’abriter dans la sombre atmosphère d’un bar de jazz, écoutant quelques musiciens exprimer leurs sentiments au bout de leur trompette et dans ce cas dans la résonance de leurs percussions.

whilplash la rage a son paroxysme 2 Critique : Whiplash, la rage à son paroxysme

Alors oui, en tant que Black Swan du jazz et de la batterie, ce long-métrage parvient à nous séduire et à lui aussi résonner dans nos oreilles pendant quelques temps après la projection. Il manque selon moi à Damien Chazelle un propos complet sur le parallèle entre l’art et la vie, qu’il a le mérite d’avoir amorcé mais qu’il n’a malheureusement pas achevé.

Que dire d’autre sinon que la scène finale est d’une beauté sonore et visuelle rare, dont on peine à se décrisper, que les deux acteurs principaux sont tout simplement parfaits, que l’esthétique est en phase avec les méandres de l’apprentissage d’Andrew. Que dire d’autre ?

whilplash la rage a son paroxysme Critique : Whiplash, la rage à son paroxysme

Peut-être que je peux finir par saluer la mise en scène en générale, ainsi que le montage, pour nous donner la capacité, pendant près d’une heure et quarante cinq minutes, d’isoler l’instrument qui nous intéresse de la piste musicale dont il est issu, pour mieux comprendre le cheminement et la progression du héros obstiné.