Rédacteur - Léa Auger

Cold in July, adapté du roman de Joe R. Lansdale, est un thriller bourré de testostérone autant qu’il est décevant.

L’intrigue pouvait pourtant prétendre à une fiction intéressante. Richard Dane, texan moyen qui gagne sa vie comme encadreur, abat un homme qui pénètre une nuit dans sa maison. Cette expérience traumatisante fait de ce Monsieur Tout Le Monde un héros aux yeux de son entourage, mais le transporte dans un monde de hors la loi.

Malgré quelques détails du livre qui n’apparaissent pas dans le film de Jim Mickle, l’adaptation reste globalement fidèle, notamment dans l’adoption du point de vue interne de Dane, et surtout dans la transposition du ton de l’auteur. On est là, du côté de l’humour noir et du polar sordide, où la force et le devoir de l’homme attendent de pouvoir se faire entendre. Mais tout est lourd, les personnages autant que les dialogues et la trame narrative du film. Mickle abandonne toute subtilité lorsqu’il le devait, forçant sur une violence non justifiée, et un rythme narratif écrasant. Le spectateur est plongé dans l’action dès les premières minutes du film, et en échappe seulement 109 minutes plus tard, lorsqu’il quitte la salle le regard dans le vide. Ce rythme soutenu ne s’apaise que rarement durant le film, pour laisser place à des dialogues creux, à la philosophie de comptoirs, ou à l’humour machiste. La femme n’a d’ailleurs pas son mot à dire dans cette histoire, car elle est maman ou putain.

cold in july 1 300x168 Critique : Cold in July, un thriller testostéroné

En bref, ce film évolue vers un sordide non justifié qui fait perdre au spectateur tous les espoirs qu’il a pu placer en notre anti-héros préféré Michael C. Hall (Dexter), dont le rôle ici ne lui rapporte aucun mérite. Il me semble que Cold in July se perd entre film de genre et série B, si bien qu’on ne sait plus si on doit en rire ou en pleurer. Traiter d’une thématique aussi cinématographique et psychanalytique, qu’est la relation père/fils, de cette manière est une bien grande déception, car sans écarter la violence (motif important dans le roman de Lansdale) le film aurait pu faire plus (ou moins). Le lien père-fils est ici abandonné à une représentation de la recherche d’identité, caractérisée par une virilité d’un autre temps. Si la violence du film est une métaphore de ce lien, il faut qu’on me l’explique.