Rédacteur - Léa Auger

C’est l’histoire de Louise, Sam et Lili, trois femmes au bord de la crise de nerf qui cherchent une reconnaissance, qu’elle soit de la part de la société, de la famille ou d’elles-mêmes. Le film nous offre trois portraits de femmes sans prétentions, sans analyses psychologiques, et sans retenue. 

Contrairement à son précédent film, Pourquoi tu pleures ?, qui offrait un point de vue entièrement masculin via le personnage joué par Benjamin Biolay, Katia Lewkowicz choisit ici de dépiauter la femme dans ses moindres détails. Un dépiautage aussi bien mental que physique, qui met en avant les attributs de la femme d’aujourd’hui, mais également de celle d’hier et de demain.

tiens toi droite 2 Critique : Tiens toi droite, la toute puissance féminine

Il y a la mère au foyer, la working-addict, et la lolita. Trois femmes, trois clichés pourrait-on dire, mais des clichés qui s’effacent rapidement pour laisser place à une grande spontanéité dans la mise en scène et le jeu. Le film nous fait comprendre que ces étiquettes ont été données aux femmes à leur insu, et qu’au-delà de cette catégorisation, elles représentent toute LA Femme. La fabrication d’une nouvelle poupée, à l’image de la femme d’aujourd’hui, va permettre de réunir les trois personnages autour de cette question. Et alors qu’on pense que le film va nous donner une réponse, il déconstruit peu à peu les clichés sur lesquels il était bâtit, pour donner un ensemble homogène et fourmillant représentant de l’image de la femme. La scène de basket dans la deuxième partie du film donne une réponse visuelle de ce qu’est la femme aujourd’hui : elle est un tout, elle n’est pas définissable comme une chose, parce qu’elle est vivante, créative, battante et spontanée. Il faut abandonner ce besoin de la définir et simplement la regarder, comme nous le propose Katia Lewkowicz.

tiens toi droite Critique : Tiens toi droite, la toute puissance féminine

Bien que ce portrait de femmes soit fait avec modernité et créativité, on ressent un manque, sans doute de nature masculine. Le film se veut trop féminin et féministe, et abandonne donc des questions et des regards qui auraient été porteurs de sens pour son sujet. On est ici dans une toute puissance féminine très rafraichissante, mais pour le moins étouffante, à l’image des sociétés matriarcales. L’homme n’existe pas, ou à peine aux yeux de ces femmes qui agissent dans une indépendance extrême vis-à-vis d’eux. C’est un film de femmes, sur les femmes, mais pas pour les femmes. A trop vouloir être dans le féminin, le film tombe dans l’excès et nous déçoit un peu sur cette question. Malgré cela, il reste ingénieux par sa forme, ses choix scénaristiques et les interprétations de Noémie Lvovsky, Laura Smet et Marina Foïs.

Comme le dit Katia Lewkowicz, « Ce film est une chose, un ovni », et un ovni à sensations, drôle et pétillant malgré tout.