Rédacteur - Samuel Ross

Ne pas se méprendre.  Ce film ne vient pas se rajouter à la longue liste des films d’auteur,  souvent un peu pompeux, au regard naturaliste sur les banlieues.

Mercuriales, du nom des tours jumelles de Bagnolet, construites dans les années 70, à l’image du World Trade Center, dans un plan d’urbanisme qui prévoyait la construction d’un quartier d’affaires, projet qui sera néanmoins annulé lors du premier choc pétrolier.

Dans cet espace-temps, hors du temps, deux jeunes femmes, un peu pommées, se lient d’amitié  dans ce paysage de béton en perdition.

critique mercuriales se construire dans les ruines dun echec 1 Critique : Mercuriales, se construire dans les ruines dun échecMercuriales n’est pas un film sur les banlieux, mais est construit à l’image de notre monde, où la jeunesse, entrant sur les ruines de leurs parents, doit se résoudre à trouver une place dans une société devenue terne.

L’une souhaite devenir danseuse, l’autre fuit la Moldavie, son pays d’origine, à la recherche d’une amie  disparue en France. Dans ce désert existentiel, mis en scène par Virgil Vernier, les hommes ont le seul choix de devenir gardiens de tours et les femmes en deviennent les hôtesses d’accueil. L’amitié devient alors d’une nécessité vitale, seule source de chaleur pour rompre avec l’implacable solitude.

critique mercuriales se construire dans les ruines dun echec 2 Critique : Mercuriales, se construire dans les ruines dun échecUn film d’une très grande finesse, offrant un regard original entre le récit mythologique et le documentaire.
L’interprétation de Philippine Stindel et Ana Neborac, offre des personnages d’une grande profondeur et assure un avenir prometteur pour ces deux jeunes comédiennes, qui signent leurs premiers rôles à l’écran.

Film à ne pas manquer, à voir sur les écrans à partir du 26 novembre.