Rédacteur - Aldéric Doyen

L’histoire commence en Australie , dans la région Northern Territory près de la ville de Darwin. Charlie un ancien guerrier aborigène , vit sous l’emprise du gouvernement Australien. Véritable personnage spirituel, Charlie voit peu à peu sa culture disparaître, écrasée par la tutelle d’un état ignorant. Malgré son vieil âge il continue de lutter à sa manière contre cette fatalité, essayant de retourner aux origines de sa culture mais se heurte à la réalité cruelle de sa condition.

Durant une heure et demi, vous êtes face à un personnage qui ne présente aucune superficialité, son regard est franc et sincère. La proximité avec ce personnage renforce le sentiment de compassion, ce qui amplifie alors le sujet du film. Si la larme tente de sortir lors de la séance ce n’est rien face au sentiment d’iniquité qui prend peu à peu place en vous tout au long du déroulement de l’histoire.

La question de la culture aborigène est merveilleusement bien illustrée dans ce film. L’engagement politique y est fort, l’idée y est simplement développée et provoque alors dans le public un sentiment de désarroi total face à une injustice légitimisée par la suprématie d’un système. Rares sont de nos jours les films qui arrivent à porter de tels sujets, trop peu souvent traités dans le cinéma.

CCA6000web 1024x601 Charlies Country , un homme privé de sa terre

La particularité de ce film réside notamment dans l’association entre David Gulpilil et Rolf De Heer. Si David Gulpilil n’écrit pas du fait d’une mauvaise scolarité, cela ne l’empêche pas de collaborer sur le scénario du film. David parlait beaucoup. Rolf écoutait, parlait peu et écrivait beaucoup. Ce qui donne naissance au scénario de Charlie’s CountryCette méthode se laisse sentir dans le film par l’omniprésence de David Gulpilil qui s’accapare littéralement l’écran et lui permet d’obtenir la palme d’or du meilleur acteur dans la catégorie un certain regard au festival de canne en 2014.