Rédacteur - Nicolas Bussereau

 C’est tout simplement fou !

J’ai décidé de le revoir dernièrement, à l’occasion de sa ressortie sur grand écran pour son quarantième anniversaire. Je m’attendais à découvrir une nouvelle fois ce petit bijou d’effroi de 1974, néanmoins, le souvenir que j’en avais m’a poussé à le sous-estimer…

Tobe Hooper, pour qui c’est le premier long-métrage, signe ici ce qui deviendra l’un des objets les plus cultes de l’histoire du cinéma d’horreur.

Et s’il parvient à ériger son oeuvre à ce rang, c’est par le traitement qu’il fait de la violence. Une violence crue, réaliste, effrayante. Ce qui fait le génie de ce long-métrage d’une heure et vingt minutes, c’est qu’il ancre cette histoire dans une réalité effroyable. La caméra à l’épaule, souvent utilisée durant le film, suit les personnages, ou les observe seulement, nous forçant à tenir une certaine proximité avec ces victimes du désormais célèbre « Leatherface ».

Le travail sur le hors-champ en fait un modèle du genre, notamment par les effets sonores, omniprésents, qui augmentent la tension bien plus que l’image ne le fait.

critique massacre a la tronconneuse 40 ans de peur 3 Placard : Massacre à la tronçonneuse, 40 ans de peur

Parlez à vos proches de ce film, il ne retiendront pas l’image de la tronçonneuse, mais le bruit qu’elle produit, ce bruit hors-champ ne cessant de s’approcher de la dernière survivante, courant, s’accrochant dans des buissons. Cette tronçonneuse n’est autre que le sifflement moderne de M le maudit. Leatherface n’est caractérisé que par ce bruit ininterrompu qui nous poursuivra jusqu’aux derniers plans du métrage, et qui se coupera soudainement, dans un noir total, pour qu’il puisse mieux imprégner notre mémoire, et qu’il résonne durant tout le générique.

critique massacre a la tronconneuse 40 ans de peur 2 Placard : Massacre à la tronçonneuse, 40 ans de peur

Massacre à la tronçonneuse fait partie de ces films que vous ne pouvez oublier, et qui, malgré les années qui défilent, ne prennent aucune ride. Dans le cas présent, l’horreur a conservé sa puissance destructrice, et elle dominera sur les tons doux et rassurants des étendues texanes. C’est ça le réel, c’est quand une tronçonneuse découpe la beauté d’un paysage au couché de soleil, et y fait gicler des gouttes de sang. C’est aussi ça la poésie.