Rédacteur - Ludovic Sprengnether

En 2011, Eric Toledano et Olivier Nakache réalisaient Intouchables, avec en tête d’affiche Omar Sy dans le rôle du Noir défavorisé. Aujourd’hui, ils reviennent avec Samba, avec en tête d’affiche Omar Sy dans le rôle du Noir défavorisé…avec accent.

Postulat de départ : Les deux réalisateurs ont trouvé un acteur et un créneau qu’ils ne veulent pas lâcher. En deux films ils reprennent le même cas de la fracture sociale, du pauvre immigré qui tente de s’en sortir par tous les moyens. On s’attendait à un peu de nouveauté mais en sortant de la salle…on attend toujours. Heureusement que l’humour sauve les deux cinéastes de leurs répétitions narratives. Si dans trois ans ils nous sortent un Africain tentant de garder son restaurant contre des grands méchants bien Français, on criera à l’escroquerie pure et simple.

critique samba toledano nakache en panne dinspiration 1 Critique : Samba, Toledano et Nakache en panne d’inspiration ?

Le film ne peut fonctionner que par cet humour décalé, de l’auto-dérision du personnage de Samba, sinon c’est une redite d’Intouchables : le personnage principal misérable, la névrosée mais de classe sociale supérieure qui va le sauver, tout y est pour faire rire et pleurer.

Le jeu d’acteur d’Omar Sy est également poignant puisqu’il ne parodie pas ses propres origines, il joue la situation telle qu’elle est et telle que les sans-papiers la vivent tous les jours. C’est sans doute pour ça que les gens ne vont pas huer ce film et s’y attacher.

critique samba toledano nakache en panne dinspiration 2 Critique : Samba, Toledano et Nakache en panne d’inspiration ?

Quant à Charlotte Gainsbourg, on la voit aussi dans un rôle trop attendu : la dépressive qui vous apprend comment elle en est arrivée là et qui fabrique devant vous ses propres Temesta et autres Lexomil. Ce personnage de la femme à fleur de peau est devenue bien trop cliché, tout le monde le sait, mais non, le binôme nous en ressert une assiette au cas où on croirait à une innovation cinématographique. Cela peut énerver car on a conscience du potentiel d’acteur d’Omar Sy et même d’Izia Higelin qui surprend par son aisance à l’écran (elle avait eu un César du meilleur espoir féminin pour Mauvaise fille  de Patrick Mille).

Vraiment, il pourrait s’en passer davantage dans ce film, il pourrait être autre si Toledano et Nakache faisaient preuve d’un peu plus de créativité et ne se cantonnaient pas à leur cinéma qui leur a valu d’exploser tous les records au box-office.

 

Espérons qu’il y aura un meilleur processus lors de leur prochaine collaboration…