Rédacteur - Ludovic Sprengnether

En allant voir ce film, il faut d’abord se poser une question : suis-je prêt à voir réflexion et science fiction se mêler ? Si c’est le cas, entrez dans la salle, asseyez-vous à la meilleure place possible et profitez de ce spectacle, une heure et vingt-huit minutes durant.

Jeune étudiante , Lucy se fait kidnapper par des Taiwannais et se voit forcée de transporter dans son ventre une nouvelle drogue de synthèse qui va vite décupler ses facultés physiques, sensorielles et intellectuelles.

Si au premier abord ce film paraît réflexif quant aux capacités qu’a l’Homme a utiliser son cerveau et l’utilisation qu’il en fait, on peut vite lui reprocher un côté fictionel et extra-dimensionnel trop présent. Et c’est bien dommage car le duo Freeman-Johansson fonctionne à merveille : le théoricien et son cas pratique, l’expérience face à la découverte, la sagesse face à la fougue, bref tout est réuni pour faire de Lucy un cocktail explosif…trop explosif.

critique lucy notre cerveau est il notre meilleure arme 1 Critique : Lucy, notre cerveau est il notre meilleure arme ?

On a très vite l’impression que Besson est un frustré des effets spéciaux et du spectaculaire que l’on retrouve dans nombre de ses réalisations et productions et qu’il ne peut s’empêcher de nous en balancer même quand il n’y en a pas besoin. Ou du moins pas autant. Le cheminement de sa pensée s’en voit alors un peu décrédibilisé et le spectateur est prit dans une spirale de laquelle il a du mal à se distancer tant on le force à se gaver de « Too much » . C’est bien dommage car on a envie de croire à ce que les deux protagonistes nous racontent, à leur discours. Tout le monde peut s’identifier à Lucy, car Lucy est l’Homme : l’Homme et sa vie, l’Homme et son devenir, l’Homme et ses concitoyens.

Tempérons quand même un peu le propos. Ce dernier Besson reste , malgré ce « réalisme déconstruit » que l’on peut lui reprocher une véritable énigme humaine. Ne représentons-nous pas tout ce que nous craignons de voir ? Le réalisateur utilise Scarlett Johansson comme sujet afin de montrer les dangers de l’intelligence humaine ou du moins sa potentielle utilisation. Au final on peut se demander si l’ignorance n’est pas la meilleure des issues.