Rédacteur - Ludovic Sprengnether

L’argent fait-il le bonheur ? Telle est la question que l’on peut se poser à la sortie de La liste de mes envies. Avec en têtes d’affiche Mathilde Seigner et Marc Lavoine, le long-métrage de Didier Le Pêcheur, adapté du roman éponyme de Grégoire Delacourt pose le problème quelque peu complexe de  « Qu’est-ce que je ferais si j’étais millionnaire ? » Et pas seulement d’un point de vue matériel…

Mercière à Arras, femme aimante et mère de deux enfants, Jocelyne gagne le gros lot à la loterie. De là part tout le dilemme. Le dire ? Ne pas le dire ?  Encaisser le chèque, ne pas l’encaisser ? En pleine crise économique, tout le monde se sent concerné par le sujet et tout le monde sauterait sur le premier avion direction les îles avec un bon cocktail fruité comme on les aime ! (Faut pas être hypocrite…)

Il faut croire qu’à Arras, on réfléchit différemment et surtout que vouloir rester simple peut poser des problèmes… Le coeur du sujet est là : ne pas vouloir perdre ses plaisirs quotidiens et les troquer contre un gros chèque. C’est peut-être ce que l’on pourrait reprocher à Le Pêcheur : faire passer tous les Français (on ne risquera pas un conflit géo-politique en englobant les voisins) pour des aigris une fois le magot en poche. On pourrait lui reprocher… mais seulement au premier abord ! Car le sujet s’avère plus complexe : l’argent va se retrouver au coeur d’une véritable tourmente et d’une introspection. Jocelyne craint-elle cet argent ou craint-elle que les chiffres remplacent le dialogue, les sourires et le contact physique ? Le parallélisme entre la richesse et le manque de confiance en ses proches est assez intéressant et surtout finement observé par le metteur en scène.

critique la liste de mes envies largent fait il le bonheur 1 Critique : La Liste de mes envies, largent fait il le bonheur ?

Et si ce manque de confiance était justifié ? Plus on avance dans l’histoire, plus les personnages se livrent, montrent leurs vrais visages et certaines mœurs deviennent douteuses. Le personnage que l’on croyait principal se retire et les secondaires prennent le devant de la scène avec comme catalyseur commun ces euros tant convoités. La liste des envies de Jocelyne va faire des envieux et des jours pluvieux.

 

Ce film n’est pas une vulgaire histoire d’argent et de jalousie mais est plein de poésie. La maladie devient également prétexte à l’évasion  et au rêve. Argent, évasion… la mission du cinéma de nous apporter du rêve n’est-elle donc pas remplie ?