Rédacteur - Alexis Pommier

Si le rapport entre l’histoire que nous raconte le scénariste Drive et le héros hollywoodien Indiana Jones ne peut être qu’anecdotique, celui qui fait de ce film une sorte de thriller hitchcockien, parfois maladroit dans son ambition créative, est le corps rythmique de tout le film. Des personnages énigmatiques et inquiétants, des secrets, un héros auquel peut s’identifier le spectateur et enfin une enquête et une course poursuite ; tous les éléments sont réunis pour faire de ce film une sorte de reflet-type du classicisme hollywoodien. En ce sens, le réalisateur n’a pas peur d’en obtenir des avis tranchés : soit on aime, soit on déteste.

The Two Faces of January a tout de même le mérite de nous immerger dans un univers captivant, dont les paysages photographiques sont de paires avec les libertés scénaristiques audacieuses de Hossein Assimi. Le film est aussi simple à comprendre qu’à deviner et ce n’est pas son rythme effréné (du moins dans la première moitié du film) qui saura nous surprendre. Si quelques péripéties peuvent toutefois nous faire supposer une petite originalité de la part du scénariste, le film suit néanmoins un schéma très hollywoodien et sans détour : situation initiale, perturbation, enquête/course-poursuite, climax, happy end.

 

Il est donc question d’un riche couple américain en voyage en Grèce qui rencontre un guide, lui aussi américain. Dès le début s’installe un triangle amoureux doublé d’un duel entre le mari et l’amant. Dans les films américains de l’époque classique et même jusqu’à aujourd’hui, il y a toujours une femme, souvent fatale, chez Hitchcock ou Hawks elle tient un rôle prépondérant et ce n’est pas chez Assimi qu’elle dérogera à la règle. Si toutefois cette dernière finit par payer le prix fort, elle restera un personnage clé du film tant par son courage, sa domination et sa manipulation que par sa fragilité.

critique the two faces of january quand indiana jones rencontre alfred hitchcock 1 Critique : The Two Faces of January, quand Indiana Jones rencontre Alfred Hitchcock

Malheureusement, l’intérêt pour ce film peut toutefois s’arrêter à la seconde moitié : le climax de l’intrigue s’installant de manière non détournée, on sent progressivement un dénouement heureux s’installer. C’est en ce sens que The Two Faces of January nous laissera sur notre fin, comme un énième coup manqué pour Hollywood de ce renouveler.

 

Malgré des paysages mythiques, des coups bas remarquables et des acteurs au talent exceptionnel, le premier film de Hossein Assimi n’abâtardit pas cette sensation de déjà vu, inquiétant, oppressante, malheureuse.