Rédacteur - Nicolas Bussereau

En 1982, un court-métrage d’animation voit le jour, porté par la voix effrayante de Monsieur Vincent Price. Ce film de cinq minutes était à l’époque le présage d’une carrière à part dans le 7ème art. Aujourd’hui il est le résumé parfait de la filmographie de son réalisateur, Tim Burton.

En cas de doute, que pensez-vous de cette sombre histoire, mettant en scène un enfant schizophrène qui vit à la fois sa triste vie tout en solitude, et celle d’un Vincent Price réincarné par le jeune homme, un savant fou tortionnaire à l’esprit torturé, qui dans un dernier souffle cite la fin du Corbeau d’Edgar Allan Poe ?

Sous nos yeux se dévoilent ainsi les influences très précises de l’artiste, son univers singulier et ce qui le fera connaître : l’animation. Est alors narrée l’avancée de ce garçon, qui connait bon nombre de situations empruntées aux grands films de série B. Dans une ambiance expressionniste, le Frankenstein de James Whale côtoie ainsi La Nuit de tous les mystères de William Castle et La Malédiction d’Arkham de Roger Corman.

Vidéo Vincent le sombre portrait de Tim Burton 1 Vidéo : Vincent, ou le sombre portrait de Tim Burton

À l’image de Tim Burton lui-même, le petit Vincent est ailleurs, dans un monde emprunt de poésie, où le duel infini du clair et de l’obscur reflète le combat qu’il mène contre l’autorité. Une mort sur les mots d’Edgar Poe devient l’idéal de l’enfant en pâte à modeler, qui dans un travelling arrière final verra la lumière s’éteindre, ses rêves sont devenus avenir, Vincent a changé de nom, désormais on le nomme Tim Burton, seul la voix de son mentor perdurera.