Rédacteur - Ludovic Sprengnether

Dominique Pinon campe dans le court-métrage Foutaises le rôle d’un solitaire à l’environnement glauque : un lit, une radio et des murs bétonnés. Face caméra, il nous expose pendant sept minutes ce « qu’il aime bien ». De simples bruits de la vie quotidienne à des scènes de rues improbables comme deux aveugles qui se rencontrent, le récit de ce personnage dont nous ne connaissons pas le nom est à la fois drôle, touchant et quelque peu insolite.

Ce M. Toulemonde nous rappelle à tous quelqu’un ou même nous à un moment de notre vie : on a tous connu une personne qui collectionnait des choses hors-normes ou qui avait des tocs.

video foutaises quand le banal devient magique 1 Vidéo : Foutaises, quand le banal devient magique

Le rythme est rapide, la musique entraînante et par sa simple voix, le personnage de Dominique Pinon arrive à retracer tout (ou presque) des scènes qui animent notre vie quotidienne. C’est avec son physique atypique du mec qu’on ne remarque pas dans la rue que ce personnage nous ramène à la réalité.

A croire que Jean-Pierre Jeunet a son fétichisme puisque vingt-deux ans plus tard, en 2001, dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Dominique Pinon incarnera également ce type de rôle.

Jeunet nous prouve alors sa singularité quant à raconter des histoires de manières directes ou d’autres auraient besoin d’une multitude de plans pour arriver à leur fin.

Le choix du noir et blanc se justifie ici par des raisons esthétiques. Cette désaturation de l’image dénote une certaine nostalgie dans cette fiction réaliste.

video foutaises quand le banal devient magique 2 Vidéo : Foutaises, quand le banal devient magique

Souvent filmés en plongée ou contre-plongée dans des plans serrés, les personnages qui apparaissent dans ce film apportent également une touche surréaliste.

L’esthétique de Jean-Pierre Jeunet est posée : des mots pour nous parler et des images à nous montrer. Une simplicité que l’on peut aujourd’hui regretter dans certains films plus contemporains où la tendance est à l’effet visuel en dépit du visuel tout court. Des « Foutaises » qui n’en sont pas.