Rédacteur - Ludovic Sprengnether

Dynamique et haletant. Le dernier film des frères Dardenne actuellement en compétition à Cannes et en lice pour une Palme d’Or joue avec nos émotions et notre mental : Deux jours, une nuit, c’est le titre de cette œuvre aux tendances sociales chères aux deux frères qui ne peut laisser sans questionnements le spectateur une fois le dernier plan terminé.

Marion Cotillard se retrouve ici dans un registre dramatique, presque tragique, un cinéma d’auteur qui lui semblait inaccessible, retour au réel pour une histoire prenante.

Le propos un brin redondant du film ne dessert en rien cette confrontation entre d’un côté les méchants patrons et leur plan social et de l’autre l’ouvrière en panneaux solaires tentant coûte que coûte de garder son emploi. Jusqu’au bout on surfe entre compassion et enthousiasme, comme Sandra, épouse et mère de deux enfants surfe entre désespoir et joie. Oui, le monde du réel et celui de la fiction se mêlent et on se laisse facilement aller à haïr le capitalisme dans ce drame social Belge.

Car le cœur du problème est là : l’argent. L’argent qui crée des désaccords, l’argent qui unit ou désunit des hommes, des femmes, des familles, l’argent qui fait le bonheur des uns au détriment de celui des autres.

deux jours une nuit des hommes et des patrons une  Critique : Deux jours, une nuit, des Hommes et des PatronsLicenciée après un retour de dépression, Sandra poursuit un combat sans relâche contre les autres et contre elle-même, contre l’abandon, durant tout un week-end pour tenter sa réintégration. Le chemin sera parsemé de tensions, de violences avec comme catalyseur une prime de mille euros contre le renvoi de cette femme. Dure est la loi du travail et de la sélection.

A qui doit-on alors en vouloir ? Dans quel camp se positionner ? Dans celui des employés qui acceptent une prime et qui causent le licenciement de leur collègue ou dans celui de cette combattante qui tente de les convaincre de toutes ses forces de voter pour sa réintégration et accepter de perdre leur prime ? Qui a raison, qui a tort ? Qui fait le bon choix, qui fait le mauvais ? Osez vous poser toutes ces questions en visionnant le film. Ne restez pas impassible, ne restez pas insensible.

deux jours une nuit des hommes et des patrons 1  Critique : Deux jours, une nuit, des Hommes et des Patrons

Le but n’est pas de faire une leçon de morale mais une leçon sociale, une leçon dont les préceptes sont simples: l’humain et ce que son cœur (ou son porte-monnaie) lui dictent de faire. Si ces préceptes peuvent paraître simple au premier abord, les tiraillements qu’ils engendrent pour les personnages dans le film le sont beaucoup moins. Des choix drastiques qui peuvent changer le cours d’une vie s’imposent à eux de manière radicale et ils doivent, une heure 30 durant composer avec.

Deux jours, une nuit, un week-end prolongé par l’angoisse, les tourments et l’avenir d’une famille dont les lundis semblent incertains.