Rédacteur - Aldéric Doyen

nebraska 0 1024x576 Critique : Nebraska, la tendresse cruelle d’un vieillard

Woody Grant

Un film de Alexander Payne avec Bruce Dern, Wil Forte, June Squibb.

 

Woody Grant est un vieux personnage qui joue de son âge et de son addiction à l’alcool pour assouvir ses désirs de vieillard sénile. Le jour où il reçoit un courrier annonçant qu’il a gagné un million de dollars il décide de parcourir les 1500 kilomètres pour rejoindre la ville de Lincoln afin de toucher le pactole. Seul problème, notre papy décrépit, ne s’aperçoit pas que cette lettre n’est qu’une publicité promotionnelle sous l’aspect d’un ticket gagnant de loterie. Son fils David, qui cherche à renouer des liens avec son père, décide de faire la route avec lui malgré la fureur de Kate, la mère de famille. Le film va alors se transformer peu à peu en road movie  drôle et sans superflu où l’on va accompagner la famille Grant à travers la route et ses aléas.

 

nebraska 1 1024x590 Critique : Nebraska, la tendresse cruelle d’un vieillard

David et Grant

Ce film en noir et blanc sans très haute définition nous propose des personnages crus et un commun des mortels traduisant la réalité d’une classe pauvre américaine qui ne croit plus à son pays mais continue de croire à l’idéologie d’une conquête de la réussite et d’un paraître basé sur l’argent. Image critique du réalisateur ? C’est certain, mais il ne se permettra jamais de critiquer le mode de vie de ses personnages. Il s’attaque plutôt au système dans lequel ils évoluent. Alexander Payne de son vrai nom Papadopoulos n’en est pas à son premier essai de film satirique. Il montre ses talents notamment en 1999 avec « L’Arriviste » qui se penche lui sur la réussite dite à l’américaine traitant ce sujet comme une satire contemporaine. On le retrouve aussi dans plusieurs jurys de festivals, ce qui laisse penser qu’il est une pointure en terme de critique et de sens cinématographique. En somme, tous les bons ingrédients pour un film qui est loin de traîner la patte.

 

Formellement, on est en accord avec l’univers des personnages. Une image sans couleurs avec un léger grain et une musique qui au début peut troubler mais finit peu à peu à concorder avec le rythme du film. Le scénario ne laisse pas de surprises à part quelques jurons, il reste relativement accessible pour les amateurs d’histoire sans trop de superficialité et pour les âmes sensibles, il est possible qu’il vous décroche une petite larme.