Rédacteur - Alexis Pommier

À l’occasion du Prix Lux où les députés du parlement européen récompensent chaque année un film pour les questions qu’il soulève entre autres, mais surtout pour l’amour du cinéma, nous avons rencontré Clio Barnard, réalisatrice du film Le Géant égoïste. Entretien court, concis, direct, Clio Barnard nous parle de son film, de sa carrière et de ses projets. 

Le Géant Égoïste est votre première fiction, était-ce difficile d’en écrire une ?

Oui, je ne savais pas si j’en étais capable avant de m’y mettre. Je trouvais le procédé d’écriture trop normé, mais finalement ce fut enrichissant !

Vous avez réalisé un documentaire à propos d’Andrea Dunbar, qu’est ce qui vous a conduit à le faire ?

Elle a écrit Rita, Sue and Bob, qu’Alan Clarke a  adapté en film, j’adore ce réalisateur mais ce n’est pas l’œuvre que je préfère dans sa filmographie … Et puis, même si je n’ai pas grandi dans le même genre de communauté, elle et moi venons de la même région.

Je ne savais pas grand chose de cette dramaturge à la base, donc c’est un peu une adaptation d’adaptation, ça m’a demandé beaucoup d’imagination.

Le nord de l’Angleterre à l’air moins merveilleux que le jardin d’Oscar Wilde … Est-ce la clé d’une adaptation contemporaine ?

C’est marrant parce que je n’avais pas vu de photos des paysages ou du jardin, mais oui, une sorte de parallèle s’opère entre les deux, parce que je pense que les paysages du film sont vraiment beaux et apaisants même s’il y a ces piliers électriques, et c’est un bon espace de jeu pour les enfants. Mais d’un point  de vue purement littéral, le jardin serait le chantier de ferraille, qui est vraiment un bel endroit pour permettre à des gamins de jouer.

interview de clio barnard on a trouve conner chapman ca a ete une grosse surprise 1 Interview : Clio Barnard, on a trouvé Conner Chapman, ça a été une grosse surprise

Conner Chapman réalise une bonne performance ! Comme s’est passé le casting ?

J’avais travaillé avec le même directeur de casting sur The Arbor (Arbor, qui est aussi le prénom de C.Chapman dans Le Géant Égoïste, NDLR), qui avait été tourné au même endroit, on savait donc exactement où chercher. On a trouvé Conner le premier jour du casting, ça a été une grosse surprise, on s’attendait à faire des recherches beaucoup plus longues.

Votre film a reçu un bel accueil à Cannes et à Dinard. Cela vous encourage à travailler sur de nouveaux projets ?

Oui, je travaille actuellement sur l’adaptation d’une nouvelle et aussi avec une écrivaine dans le but de lui consacrer un biopic.

Pour la dernière édition, les finalistes étaient Le Géant égoïste de Clio Barnard, Miele de Valeria Golino et Alabama Monroe de Félix Van Groeningen. Le lauréat fut le film belge Alabama Monroe, drame sous fond de Bluegrass, rythmé, décadent et bouleversant.

Propos recueillis par Alexis Pommier.